Mis à jour le 25 septembre 2026: cet article publié initialement en 2018 a été entièrement revu pour refléter l’état actuel des VPN, de leur usage et de la position de Netflix face à ces outils.
Anonymat, sécurité, délocalisation : le VPN est-il la panacée ? Depuis les révélations d’Edward Snowden en 2013, nous savons à quel point les services de renseignement peuvent surveiller nos activités en ligne. Ils ne sont d’ailleurs certainement pas les seuls à s’y intéresser. Certains n’ont rien à cacher, mais n’apprécient pas pour autant l’idée d’être observés.
D’autres utilisent un VPN pour accéder à des sites ou services indisponibles dans leur pays, ou pour profiter d’un catalogue plus large ailleurs. La cible la plus courante, Netflix, ne l’apprécie pas : l’entreprise combat activement les VPN et bloque leur accès dès qu’ils sont identifiés.
Enfin, certains d’entre vous ont peut-être été amenés à envisager un VPN à la suite d’une faille de sécurité Wifi largement médiatisée, ou parce qu’un antivirus leur a proposé son propre service VPN en option.
VPN : qu’est-ce que c’est réellement ?
Que signifie ce sigle ? Littéralement, cette abréviation vient de l’anglais « Virtual Private Network », soit en français « réseau privé virtuel ».
Ce n’est pas un protocole conçu pour regarder Netflix ou passer sous les radars des services de renseignement. Non, ses utilisateurs les plus assidus sont les entreprises et administrations, qui comptent de quelques dizaines à plusieurs milliers d’ordinateurs.
Imaginez une entreprise avec des bureaux dans plusieurs villes. Comment relie-t-elle les ordinateurs d’une ville à ceux d’une autre ? Va-t-elle creuser les trottoirs pour faire passer un câble dédié ? Pas du tout : elle utilise les câbles déjà présents, le plus souvent ceux des télécommunications.
Elle emprunte donc des réseaux partagés avec d’autres utilisateurs. C’est là qu’intervient le VPN. Les communications circulent entre les différents sites du réseau virtuel via des sortes de tunnels numériques, hermétiques au reste du trafic. Ils ne sont pas invisibles, mais comme ils sont chiffrés la plupart du temps, un tiers (fournisseur d’accès, gouvernement, etc.) n’a normalement pas la possibilité de lire ces communications.
Le principe du VPN proposé par les nombreux fournisseurs grand public n’est pas très différent. Seul le réseau est plus « petit » : il se limite à un tunnel entre vous et un serveur de l’entreprise. Ce serveur est l’endroit où vous devenez « visible » sur le réseau public.
Comment passer par un VPN ?
Il existe deux solutions pour utiliser un VPN.
- Le mettre en place soi-même
- Passer par l’un des nombreux fournisseurs d’accès VPN
Monter son propre VPN
La première solution n’est peut-être pas pour tout le monde. Il faut disposer de son propre serveur et y installer un logiciel comme OpenVPN ou WireGuard, aujourd’hui plus léger et plus rapide. Tout repose alors sur vos épaules. C’est possible sans être un expert en informatique, mais cela reste beaucoup de gestion pour une seule connexion internet.
S’abonner à un fournisseur VPN
L’autre solution consiste à s’abonner à un service de VPN. Ils vantent tous leur anonymat, leur simplicité d’utilisation, ou encore le fait que personne ne viendra vous chercher des poux puisque vous passez par leurs services.
Ces entreprises installent des serveurs dans des datacenters à travers le monde, y compris dans la plupart des pays européens. Vous pouvez ainsi facilement sécuriser votre connexion Wifi en passant par un serveur situé dans votre pays, ou profiter du catalogue Netflix d’un autre pays.
VPN et sécurité : ce qui change vraiment
Maintenant que vous vous connectez à internet via un VPN, le monde est-il si différent pour autant ?
Comme pour la navigation privée, les mots signifient beaucoup et rien à la fois ou plutôt, ils ont une signification bien plus réaliste pour ceux qui comprennent leur fonctionnement.
Sans VPN, votre fournisseur d’accès internet (le FAI, pour les intimes) a la possibilité de voir tout ce qui transite par ses tuyaux. Rien n’est chiffré, tout est lisible. Un hacker peut également s’installer sur le réseau et observer le trafic grâce à un subterfuge, en particulier sur un Wifi public non protégé. C’est une bonne occasion, au passage, de vérifier si vos identifiants n’ont pas déjà fuité ailleurs avec Have I Been Pwned.
Avec un VPN, tout ce que l’un ou l’autre peut lire sur le réseau est un flux de données chiffrées, transmises par vous vers un serveur quelque part dans le monde.
VPN synonyme d’anonymat ? Le grand malentendu
Le VPN vous permet d’être plus sûr de la sécurité de votre connexion, mais cela signifie-t-il que vous êtes anonyme sur internet ?
Beaucoup de fournisseurs de services VPN font le raccourci. L’anonymat fait partie de leurs principaux arguments marketing. Ils vous assurent ne pas enregistrer l’historique de votre navigation, ce qui n’est pas tout à fait faux, mais laisse croire à tort que tout utilisateur de leur service devient invisible.
En réalité, le flux de données ne s’arrête pas aux serveurs du VPN : il continue sur internet sans être chiffré au-delà. L’anonymat ne tient alors qu’en fonction de votre activité en ligne.
Si vous vous connectez à votre compte Facebook, Gmail, ou que vous avez des cookies vous identifiant de précédentes navigations sans VPN, vous serez identifié comme le rappelle par exemple la fuite de données chez Orange Belgium, qui a exposé les données de centaines de milliers de clients. L’anonymat devient alors inexistant. L’identification par cookies peut être évitée en combinant VPN et navigation privée, mais c’est à peu près tout ce que le VPN peut vous offrir sur ce plan. Et même avec un service chiffré comme Proton, c’est souvent le moyen de paiement qui vous trahit : j’explique comment payer Proton en espèces, et pourquoi ce n’est pas si simple.
Et Netflix dans tout cela, en 2026 ?
Si vous utilisez un serveur VPN dans un autre pays que le vôtre, les sites vous reconnaissent comme un visiteur de ce pays. Par exemple, si depuis la Belgique j’utilise un VPN français, tous les contenus sont géolocalisés en fonction de ma supposée résidence française (coucou Netflix, TF1 et France Télévisions !).
Netflix n’aime toujours pas les VPN, et la situation ne s’est pas arrangée depuis 2018 : la plateforme a continué à investir dans la détection des plages d’adresses IP appartenant aux fournisseurs VPN commerciaux, forçant ces derniers à renouveler sans cesse leurs serveurs pour rester indétectables. C’est un jeu du chat et de la souris permanent, où l’avantage penche régulièrement d’un côté puis de l’autre.
Ce blocage s’explique par les accords de diffusion : les studios vendent à Netflix des droits limités à certains territoires. Une autre entreprise, souvent une chaîne de télévision locale, détient et a payé pour ces mêmes droits ailleurs, et attend logiquement qu’ils soient respectés. C’est ce qui a créé cette obligation de géolocalisation des utilisateurs, toujours d’actualité.
Questions fréquentes sur les VPN
Un VPN gratuit est-il fiable ?
Rarement. Un service gratuit doit financer ses serveurs d’une façon ou d’une autre : revente de données de navigation, publicité intrusive, voire injection de trackers. Pour un usage sérieux (sécurité, vie privée), un abonnement payant auprès d’un fournisseur reconnu reste largement préférable.
Le VPN est-il légal ?
Oui, utiliser un VPN est parfaitement légal dans la grande majorité des pays, dont la Belgique et la France. Ce qui peut poser problème, ce sont certains usages faits via le VPN : contourner une géo-restriction contractuelle comme celle de Netflix relève d’une zone grise contractuelle, pas pénale.
Un VPN protège-t-il vraiment sur un Wifi public ?
C’est l’un des rares usages où le VPN apporte un vrai bénéfice concret : il empêche les autres utilisateurs du même réseau Wifi public de lire votre trafic. C’est un usage qui restera pertinent quel que soit le contexte.
Alors, faut-il utiliser un VPN ?
Vous l’aurez compris, un VPN peut être utile dans certaines circonstances précises, en particulier si vous êtes amené à utiliser des connexions Wifi publiques. C’est un usage qui restera très certainement pertinent à l’avenir.
Le reste relève, au mieux, d’un argument marketing très limite (l’anonymat total) ou d’une pratique qui vous place dans une zone grise, à ne pas confondre avec les soucis plus terre-à-terre du partage de compte Netflix. Pour aller plus loin sur la protection de votre vie privée en ligne, voyez aussi notre comparatif ProtonMail vs Gmail.





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